J'aimerai revenir au temps où savoir mes tables de multiplication était ma plus grande préoccupation.

Publié le 20 Mars 2013

J'aimerai revenir au temps où savoir mes tables de multiplication était ma plus grande préoccupation.

Je regarde à gauche, je vois un mur.

Je regarde à droite, je vois un mur.

Je regarde en face, je vois un brouillard.

Alors je ferme les yeux et je rêve de liberté.

J'aimerai tellement être, tout le contraire de ce que je suis aujourd'hui. Je voudrai tellement ne pas être moi, ça en devient trop épuisant. J'aimerai qu'on arrête de penser que je ne suis qu'une adolescente qui fait sa crise, je voudrai qu'on me prenne au sérieux.

Aujourd'hui, je me rends compte que je n'ai pas le contrôle de la situation. Aujourd'hui, je me rends compte que je n'ai plus aucun contrôle sur ma vie. Moi qui pensait que j'avais une parfaite maîtrise de tout, il m'arrivait même de me persuader que les crises alimentaires étaient controlées, pour éviter de perdre tous mes repères.

Aujourd'hui, il y a une heure, je me suis rendue compte que je commençais à replonger dans l'automutilation. Oh, rien de comparable à avant évidemment. Dimanche, je me suis griffée avec mes ongles (sachant que je n'en ai pas, vu que je me ronge énormément les ongles) le bras droit. J'en ai conclu que c'était un petit excès de stress. Lundi rebelote, mais là ça a un tout petit peu saigné, je ne me suis pas inquiétée. Mardi, j'ai été à chaque récré dans les toilettes pour me griffer encore plus fort. J'ai commencé à m'inquiéter, mais comme je ne ressentais aucune envie de toucher à une quelconque lame, ça m'a rassuré. Aujourd'hui, je me suis fait deux mini griffures avec **** (je ne veux rien citer, on ne sait jamais.). Evidemment, l'objet que j'ai utilisé étant beaucoup trop gros, je n'ai presque pas appuyé, ça m'aurait coupé le bras en deux. Mais j'ai peur, aujourd'hui j'ai peur. Car je sais que j'ai pris ça car je n'avais pas mes lames sous la main, ces lames que je n'ai su jeter. Rien n'est comparable à ce que j'ai pu faire auparavant, mais je ne veux jamais revivre ça. J'ai peur de replonger. J'ai peur de replonger. Putain j'ai vraiment peur de replonger. Aujourd'hui, je pense que j'ai vraiment compris que je devais être aidée.

J'ai fait une crise de panique à l'escalade, pendant le cours de sport. J'ai le vertige, et pas qu'un peu. Je voulais descendre, absolument. Mais les filles qui m'assuraient n'étaient pas prêtes. Je me suis sentie trembler de tout mon corps, plus moyen de respirer, les larmes coulaient et la vision devenait floue. Je suis faible, ça m'énerve. De plus, j'avais complètement oublié mon gilet, et comme la tenue est imposée par l'école, je me suis retrouvée avec un T-Shirt montrant un bras gauche remplie de grosses et de petites cicatrices blanches et un bras droit avec des griffures bien rouges. J'ai peur que des gens les aient vues, car quand on assure on est obligé de faire des mouvements, etc.

Je voudrai tellement qu'on me demande si ça va, que quelqu'un s'inquiète pour moi EN FACE. Je me sens si seule, alors que je suis si entourée. Je ne me comprends pas, c'en devient lassant.

Rédigé par Une décapitée

Publié dans #Journal intime

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