Et finalement, chaque moment est réglé par cette montre de déjeuner et dîner.

Publié le 18 Février 2013

Et finalement, chaque moment est réglé par cette montre de déjeuner et dîner.

On a tous déjà culpabilisé pour une poignée de cacahuètes, vous savez ce petit sentiment, cette petite voix qui vous dit " direct dans les fesses ça." On s'est tous déjà dit "aujourd'hui journée light, vu ce que j'ai mangé hier", on a tous déjà un peu trop mangé à 4 heures.

Oui mais quelquefois, quelquefois toutes ces petites choses ne restent pas anodines et se transforment en vrai calvère du quotidien...Ce calvère, je le nomme Mia. Mia est toujours là quand on va mal, quand on s'ennuie ou quand on est stressé. Mia, au début elle nous réconforte. Mia, c'est une vraie salope. Mia te pourrit la vie, te fait croire que tu ne vaux rien, te fais découvrir une autre fonction pour l'index et le majeur, ces doigts libérateurs, te fais croire que c'est la seule solution, t'enferme dans une prison, une prison sans porte de sortie. Je la déteste Mia, mais elle fait partie de moi. Je ne suis rien sans elle. Rien, rien, rien.

Je pense que j'ai pour la toute première fois découvert Mia à l'âge de 10 ans. Mes parents étaient divorcés depuis mes 8 ans, ma mère était en pleine dépression, ne s'étant jamais remise. Je vivais en garde alternée chez mon père, qui avait retrouvé une femme, et chez ma mère. Ma mère avait décidé de déménager. Je suis donc passée d'une immense maison avec jardin et salle de jeu, à un minuscule appartement, sans même de jardin pour me dépenser. Je me suis sentie étouffée, je le sais maintenant, je ne l'ai pas supporté. Etant une gourmande de nature, et comme il n'y avait qu'une seule pièce pour cuisine/salle à manger/salon, j'étais toujours près de la cuisine. Je n'ai plus jamais dit "je t'aime" à ma mère depuis au moins mes 10 ans. Je lui en voulais tellement. Je me souviens de ces mercredi, samedi, dimanche après-midi, ma mère dormant dans son lit, où j'étais seule dans la cuisine, et où je mangeais, mangeais, mangeais sans savoir m'arrêter. Et ça durait toute l'après-midi. Je pense que je faisais de la boulimie, ou peut-être de l'hyperphagie. Je me sentais seule, à 10 ans. J'ai pris l'habitude de me gérer émotionnellement avec de la nourriture. Ca ne s'est jamais vraiment arrêté, mais ça s'est empiré quand j'ai vraiment commencé à faire attention à mon poids, en deuxième secondaire (4eme pour les français). Mia m'a fait croire que je pouvais continuer à ce rythme-là sans soucis, mais qu'il faudrait juste que j'élimie tout ça, par quel que moyen que ce soit. Les vomissements ont commencé, ainsi que les montées/descentes des escaliers permanentes, Les abdos/pompes et autres flexions dans ma chambre le soir, jusqu'à ce que je voie floue. Et puis au final, quand vous voyez que vous grossissez quand même, l'envie de se flinguer prend toute sa place. Je ne l'aime pas Mia.

Rédigé par Outside-life.

Publié dans #Journal intime

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