Le mythe du sois-disant bien-être du troisième degré.

Publié le 4 Septembre 2014

La rentrée des classes, autrement dit la reprise des cours, ce n'est pas très simple. J'entends depuis une semaine partout autour de moi cette fameuse phrase; "back to school", je ne suis pas douée en anglais mais j'ai vite compris. Les sujets des jeux à la télé, des JT, des youtubeuses ? L'école. J'étais horrifiée, en état de stress. Pas moyen d'y échapper, c'est partout. Le moment tant redouté approchait, forcément, et mon stress redoublait d'intensité. Mais POURQUOI tant d'anxiété, qu'est-ce qui me paniquait autant ? Eh bien beaucoup de choses en fait: mon amie la plus proche est partie en internat, la peur vis-à-vis des possibles regards et questions par rapport aux asks, mon physique et mon corps qui gonfle de jours en jours, la peur de retourner dans ce lieu affreux tout simplement, et puis l'absence d'envie de retrouver mes amis. Ce lundi Jasmin est rentrée dans sa nouvelle école. Ecole néerlandophone (langue parlée dans le nord de mon pourtant si petit pays), située à 1h de chez elle, en internat, bref pas facile. Donc je l'ai beaucoup soutenue, je lui ai téléphoné le soir-même, ainsi que mardi soir. Je lui envoie des sms durant la journée, mais j'essaie de pas trop lui téléphoner pour qu'elle puisse s'intégrer, je veux qu'elle s'y sente bien même si je crève d'envie de lui téléphoner car elle me manque atrocement. En même temps lundi et mardi soir je me sentais très mal, j'avais des sortes d'hallucinations dans mon lit pendant que j'essayais de m'endormir, enfin j'étais profondément triste et en même temps paniquée et apeurée face à ce gouffre auquel j'étais confrontée. Alors je me suis coupée ces deux soirs-là, et à chaque fois je me sentais un peu plus seraine. Arrive hier (donc mercredi), la veille de la rentrée. Très stressée et triste durant la journée, impression d'être seule encore une fois, mais cependant calme en me couchant. Pourtant je savais qu'aujourd'hui allait être une journée plus qu'éprouvante. Ce matin en me réveillant j'étais comme hors de mon corps, je me suis préparée, emparée d'une forme d'automatisme. Puis dans la voiture j'avais peur. Peur de recommencer une année difficile, peur que je sais pas, il y ait écrit sur tous les murs de l'école "Marie ******** se mutile*, peur d'être rejetée, peur de revoir mon ex, peur de l'inconnu, et puis peur de retourner là-bas, tout simplement. J'ai toujours parlé dans ce blog comme si je parlais à mon journal intime, mais sachez que je n'ai jamais dit certaines choses. Des choses que d'autres ont besoin de dire sur leur blog, moi j'ai décidé de ne jamais dévoiler CA, à personne. Mais bref, j'arrive près de l'école, je rejoins une amie, Justine, qui est dans l'école d'à côté (oui il y a deux école juste l'une à côté de l'autre, en fait c'est parce que autrefois mon école était une école de fille et la sienne de garçon. On s'en fout, d'accord). Justine c'est une fille qui parle tout le temps, j'aimerais la voir tous les matins ! Bref elle m'apaise, je n'ai même pas le temps de penser à la suite de la journée. Mais l'heure fatidique arrive, je dois y aller, je dois affronter. Un jour la vie ne me fera plus mal, un jour j'aimerai cette dernière. Vous verriez l'état de mes bras, ça me fait mal quand je marche, ça me fait mal lorsque j'entre dans l'école et qu'un prof me bouscule, j'ai peur que ça se réouvre et que je saigne, mais non tout a plus ou moins tenu le coup. J'arrive, les gens sont en train de rentrer en direction de la grande salle, je repère ma classe de l'année d'avant. Je dis bonjour à un mec qui sait que je me coupe et qui avait voulu m'aider très gentiment, je sais qu'il sait et je n'arrive pas à le regarder dans les yeux, c'est dur. Je me retourne et là je tombe nez à nez avec mon ex, je lui fais la bise en regardant par terre, il me fait la bise en mettant son bras sur mon épaule, je m'attendais pas à ce contact et.. et je saurais pas expliquer ce qu'il s'est passé à ce moment-là en moi, mais j'ai envie de fondre en larmes dans ses bras. Je pars, j'ose pas regarder les autres potes garçons car avant d'être mes potes ce sont les siens, j'ai perdu la moitié de mon groupe d'amis. Et je pense que si Vicky et Jeanne sont distantes avec moi, c'est parce que le copain de Vicky est le meilleur ami de Val et que Jeanne a beaucoup trainé avec Vicky. Bref Marie la méchante, je n'avais pas l'habitude de ce rôle-là mais je commence à bien m'en imprégner dis donc.. On arrive dans la grande salle, on attend la répartition des classes (oui et entre temps j'essaie de "papoter" avec jeanne mais elle m'ignore presque, j'abandonne, elle a sûrement ses règles hein.). Et là, une vérité m'éclate en pleine figure : je vais peut-être être séparée de mes amis. Je me pensais immunisée de ce genre de choses pcq voilà, je suis dans une option spéciale (cours d'histoire-géographie en néerlandais et cours de néerlandais intensif) et on était tous rassemblé dans une classe ces deux dernières années. Mais voilà, et si les classes se faisaient différemment cette année ? Et paf, on est tous séparé, contrairement à ce que la directrice nous avait promis. Et vous savez avec qui je me retrouve de mon ancienne classe ? Jeanne et les garçons, bingo putain. Je suis hyper triste d'être séparée d'Elise, mon mentor et de Sarah, ma protégée que j'adore (je ne parle pas souvent d'elle tout simplement parce que elle est géniale et supppper sympa et que j'ai rien à dire hihi. ) mais en même temps, même si je ne le dis à personne parce que contrairement à Jeanne je veux pas faire de mal à mes copines, je suis contente d'avoir de nouvelles personnes dans ma classe, de recommencer à zéro, en quelques sortes.). Bref l'heure de cours se passe, je sors de l'école et j'entends que Vicky, Jeanne et les garçons vont se poser en ville, ainsi que...ben tout le monde. Du coup je pars sans dire au revoir à personne, et pendant le chemin vers mon bus je pleure, parce que je sens que je vais avoir du mal, j'ai peur, j'ai tellement peur. Je vais opter pour l'autodestruction cette année. Je redoute le moment où ma mère va rentrer et me demander comment ça s'est passé. On a plus aucune conversation normale depuis des mois, je la rejette en permanence, mais en même temps je sais que ça va sonner très faux si je lui dis que ça s'est bien passé. Mais je peur que si je lui avoue que ça s'est mal passé je me mette à pleurer, et je veux pas pleurer devant elle.

Vous savez, j'ai envie de disparaitre. Je sens bien que je n'ai plus d'intérêt pour personne. Et pour les rares personnes qui sont encore attachées à moi, je leur dirais que je suis quelqu'un de facilement remplaçable, vous verrez.

Rédigé par Marie

Publié dans #Journal intime

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W. 05/09/2014 22:39

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