Ampoule

Publié le 15 Décembre 2013

On est comme partagé entre le désir d'essayer de vivre enfin, et celui d'en arrêter là. Mais rester dans cette situation n'était simplement plus une possibilité. Se trainer en n'essayant même plus de vivre ne convenait plus. Mais que faire ? Essayer de vivre, quand ça fait si longtemps qu'on se plait dans son malheur, ça se révèle presque insurmontable. C'est si confortable de ne pas changer ses habitudes, sa routine quotidienne, aussi nocive soit-elle. On se cherche des buts, des objectifs de vie, de l'amour, une attache dans ce monde, des rêves, on fait semblant d'avoir trouvé la clé, d'avoir réussi à résoudre l'énigme pour vivre heureux, mais la vérité remonte toujours. Et une fois qu'elle émerge, on fait quoi ? Qui sont ces gens, qui arrivent à vivre sans se poser de questions ? Comment font-ils ? A quel moment a t'on commencé à foirer ? On est des ballons beaucoup trop gonflés, capable d'exploser à tout moment. Gonflés par ces hurlements, par ces actes, par ces incompréhensions, ces questions, par toute la merde qu'on arrive plus à digérer. Un jour on éclatera, on explosera sans crier gare. Et ce jour-là, les gens diront qu'ils ne comprennent pas, parce que au fond personne ne regarde plus loin que le bout de son nez, ça mettrait trop de chamboulements dans les idées reçues depuis si longtemps. Et puis on choque, on dérange, on fait tâche dans cette société pourtant si imparfaite. Cette société où tout le monde se revendique si ouvert d'esprit, si prêt à entendre le malheur humain. Personne écoute personne, et c'est vraiment triste. Mais attention, que chacun reste à sa place, chaque catégorie ensemble, le contraire serait trop dangereux. Mais qu'on arrête de faire semblant, qu'on fasse éclater la vérité, et qu'on arrête de donner de faux espoirs aux plus crédules d'entre nous. La moitié d'entre nous mourront d'un cancer, le quart fera dépressions sur dépressions et le dernier quart se revendiquera heureux. Faut qu'on se fasse une raison, on peut pas rester dans "l'entre deux". Marche ou crève, mais fait pas chier tout le monde à sa vie à gérer, c'trop cool. Reste pas au milieu, car dans ce cas tu seras le vrai perdant du jeu. C'est comme si tu jouais pas au bowling avec tes potes, mais que tu les regardais jouer sans pouvoir même leur parler, un semblant de masochisme derrière tout ça. Mais faut y aller, faut jouer au bowling, c'est ce qu'on essaie de se dire et de dire aux autres. Jouez au bowling, arrêtez de vous planquer, vivez votre vie.

Rédigé par Une décapitée

Publié dans #Journal intime

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